❌ Permis de construire unique : simplifier ne doit pas exclure

20/03/2026
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En réponse au Conseil National de l'Ordre des Architectes qui vise à créer un permis de construire unique…

❌ Permis de construire unique : simplifier ne doit pas exclure.

La proposition d’un permis de construire unique ne constitue pas une simple évolution technique. Elle touche à l’équilibre même des compétences au sein du cadre bâti.

Oui, les procédures peuvent évoluer 
Oui, la lisibilité administrative est nécessaire.
Mais une réforme structurelle ne peut avoir pour effet collatéral de rigidifier l’accès aux projets de transformation du quotidien — ni de redessiner implicitement le périmètre des professions.

Aujourd’hui, une grande partie des interventions sur le bâti existant relève de la déclaration préalable : 
-  modifications de façades 
- ouvertures en toiture 
- réorganisation d’espaces intérieurs 
- adaptations liées aux usages, à l’accessibilité ou à la performance énergétique

Ces opérations constituent le cœur vivant de la transformation du parc existant.
Or la rénovation et l’adaptation du bâti représentent l’un des défis majeurs des prochaines décennies.

C’est là que se joue la transition écologique. 
C’est là que se joue la sobriété foncière. 
C’est là que se joue la qualité du cadre de vie.

Les architectes d’intérieur interviennent précisément sur ce champ. Ils accompagnent quotidiennement particuliers, entreprises et collectivités dans ces projets de transformation, souvent complexes, toujours contextualisés.

Toute réforme qui modifierait l’équilibre des autorisations doit répondre à trois exigences fondamentales :
- Proportionnalité : les obligations doivent être adaptées à la nature réelle des travaux. 
- Pluralité des compétences : la qualité du cadre bâti repose sur des expertises complémentaires, non sur une concentration. 
- Accessibilité : la rénovation ne doit pas devenir administrativement dissuasive pour les particuliers et les entreprises.

La simplification ne peut être un levier de centralisation implicite. Elle doit être un outil d’efficacité collective.

Le Conseil Français des Architectes d’Intérieur appelle à une réflexion transversale, intégrant l’ensemble des acteurs engagés dans la transformation durable du bâti existant. L’enjeu dépasse une procédure. Il concerne l’organisation même du cadre professionnel et l’avenir de la rénovation en France.

Ce débat doit être ouvert, argumenté, équilibré.